Encyclopénis

Un recueil de témoignages concernant le pénis.
Car décidément, il n'y a pas que la taille qui compte.

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Mar 16
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Moudah, 27 ans - Une longue histoire

Ça a commencé avec mon frère. On a deux ans d’écart et ma mère nous faisait prendre le bain ensemble, petits. C’était son zizi. Ça faisait partie de lui au même titre que ses yeux, ses cheveux ou ses ongles de pied. Un jour, j’étais en colère après lui, j’ai tiré très fort dessus… je suis allée au coin pendant deux heures.

Chez nous, on n’était pas pudiques. Je me lavais souvent avec ma mère, quelquefois avec mon “père”. Je connaissais aussi par coeur le corps de mes cousines et de mes tantes. Entre filles, on partageait tout. Jusqu’à ce jour où sur le lit parental, mon “père” m’a violée. J’avais 10 ans. C’est très flou, mais c’est là. Ça ne partira pas. Depuis, je ne peux plus écrire “père” autrement qu’avec des guillemets, ça me soulage. Et “le sexe de papa” est devenu l’objet de mes pires tortures. Après ça, grandir. Ne plus partager d’intimité avec personne. Trop peur.

En grandissant, j’ai fait des conneries. Je me sentais très seule. Ma mère avait énormément de soucis. Mon frère dans une profonde dépression. Seule. Avec de l’alcool. Pas d’amis, pas de zizis, personne. J’étais studieuse, mais je voulais oublier. Je sortais beaucoup, avec n’importe qui. Je faisais n’importe quoi. J’avais 17 ans, lui 25. Pendant toute une soirée, il a essayé de me sauter. Pendant toute une soirée, je lui ai montré que je ne voulais pas. Je ne l’ai pas caressé. Je savais que son sexe était en érection mais je ne pouvais pas le toucher. Devant ma froideur, il m’a jetée dehors. “Allumeuse !

Ma première fois, sur la banquette arrière d’une voiture. 19 ans. De la douleur, du sang, un autre poignard. Je ne l’aimais pas, je n’ai jamais regardé son sexe. C’était une bite. Rien de plus. On se voyait une fois par semaine, il me baisait dans sa voiture… comme ça… on se touchait à peine… je ne simulais même pas, j’attendais que ça passe, la fameuse étoile de mer. Il m’a quittée pour une autre… ça m’a rien fait… D’autres ont suivi, toujours sur le même schéma. Pas de désir, pas de plaisir. Jusque là, pour moi, un sexe d’homme, c’était contraignant. Il fallait assouvir ses désirs, le mettre dans sa bouche, faire comprendre à l’autre que non, l’éjaculation faciale n’est pas le fantasme de tout le monde, puis le laisser pénétrer pour le vider de sa substance. Il fallait juste attendre et s’efforcer de ne pas ressentir de douleur. Penser à ses factures, aux courses, au coup de fil qu’on a oublié de passer, compter les motifs de la tapisserie…

Le suivant a été plus tendre, il avait de l’affection pour moi, lui, au moins. Ça ne l’empêchait pas de ne pas remarquer que je ne prenais aucun plaisir. J’aurais pu m’endormir que c’était pareil. Jusque là, le sexe d’un homme ne me faisait que du mal. Trop gros, trop grand, trop brusque, pas doux, moche et puant.

Jusqu’à ce que je Le rencontre, Lui. L’Homme de ma vie. Mon meilleur ami. La nuit où il s’est déshabillé devant moi, j’ai trouvé son sexe ridicule ! minuscule ! j’ai failli éclater de rire, mais je me suis retenue, je ne voulais pas le blesser. C’était la première fois qu’un sexe m’inspirait autre chose que du dégoût, de l’indifférence ou de l’agacement. Une fois en érection, c’était une autre histoire ! je l’ai trouvé très beau, très doux ! comme d’habitude, je me suis mise sur le dos, les jambes écartées, et j’ai attendu. Mais rien ne s’est passé. Il m’a dit “je peux pas là, t’es toute contractée, toute serrée ! je vais te faire mal !” je réponds “oui, mais c’est normal, c’est comme ça tout le temps !” “ah non ! c’est pas normal ! attends…” et pour la première fois, il a pris le temps. Le temps de me caresser. Le temps de m’embrasser. De me toucher, de me lécher, de me mordiller. Il m’a laissé le temps aussi de le découvrir, et de toucher son sexe. Ce n’est pas magique. Le passé ne s’en va pas comme ça. Un réflexe à la con. Je l’ai mordu. Fort. Un testicule. Je ne sais pas pourquoi. Il a eu très mal le pauvre. Il ne m’en a pas voulu. Il m’a dit “qu’est-ce qui te prend ? faut pas faire ça, ça fait mal ! regarde, c’est comme ça qu’il faut faire.” Depuis, je le caresse toujours très tendrement. Je sais que son sexe à Lui, le Sien, ne me fera jamais de mal. Il sait être patient. Je ressens toujours de vive brûlures, la partie est loin d’être gagnée.

Ça fait 8 ans que nous sommes ensemble, 2 ans que nous sommes mariés. Je l’aime plus que quiconque sur Terre. Son sexe fait partie de lui, ce n’est pas une arme, ce n’est pas un objet de douleur. C’est son sexe. Celui qui est tout petit et mignon au repos et tout beau en érection.

Depuis 1 mois il couche avec une autre. Non pas parce qu’il l’aime, mais parce qu’il en a besoin. Moi, je n’ai pas de libido, pas de désir, peu de plaisir. Il n’en pouvait plus, des années que je n’y arrive plus. C’est moi qui l’ait autorisé. Ça fait mal, mais c’est comme ça. Je l’aime, je ferais n’importe quoi. Lui, il souffre aussi de se rendre compte que sa sexualité l’épanouit et que ma souffrance passe après. Pour l’instant, c’est comme ça. J’espère que ça changera, que j’arriverai enfin à comprendre qu’un sexe d’homme, c’est juste un sexe. Rien d’autre. Ce sera long, mais j’y arriverai.