Encyclopénis

Un recueil de témoignages concernant le pénis.
Car décidément, il n'y a pas que la taille qui compte.

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Mar 10
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Lucas, 18 ans - La blessure et le lien

D’aussi loin que je m’en souvienne mon pénis m’a toujours semblé n’être qu’une gène, non pas que je souhaite m’en défaire, mais je le considère plus comme un parasite que comme un véritable organe de mon corps. Non, j’aime avoir un pénis, mais lui ne doit plus m’aimer beaucoup.

Même si certains disent le contraire, le pénis est le centre incontournable d’une relation, pour les homosexuels en tout cas, et ne pas être sûr de celui-ci peut vite devenir un problème préoccupant, aujourd’hui encore l’idée de l’offrir à un nouveau partenaire, quand bien même j’en ai la plus forte envie, m’est difficile.

Je ne lui trouve pas de beauté particulière, sa taille me satisfait bien, mais il est un peu courbé vers le bas en plus du fait qu’il se dirige toujours à gauche. Mais le “comble de la laideur” pour moi était son prépuce: atteint de phymosis, je ne pouvais pas “l’ouvrir” sans douleur et ne pas réussir à regarder mon gland, c’était une grande frustration pour moi. Mes premiers partenaires ne semblaient pas y prêter grande attention, aucune ou allusion, question ou remarque blessante.

Mais pourtant, autour de mes 16 ans, après une rencontre et la certitude que les choses iraient plus loin, je me suis mis en tête que ma honte devait se détacher de moi, et qu’il était temps que je “vive mon sexe” avec plus de facilité. Ayant eu un passé auto-mutilatoire conséquent (une crise d’adolescence comme les psychologues les aiment) je peux dire sans mentir que me circoncire moi même n’a pas été trop compliqué, ni tellement douloureux. Je vous épargne les détails mais la nuit même j’ai du me rendre aux urgences, vers 5 heures du matin. Je ne sentais aucune douleur mais j’avais toujours autant honte, de moi et de ce que j’avais fais à mon pénis, des réponses hasardeuses que je donnais en guise d’explication à ce geste qui, j’en étais persuadé, ne pouvait pas être comprit par quelqu’un qui n’était pas passé par là avant moi. Non ce n’était pas pour une copine, ni pour faire comme les acteurs dans les films pornographiques, encore moins parce que je cherchais à me faire du mal et ce n’était pas non plus un moyen pour moi de rejeter ma sexualité. Et puis je ne comprenais plus vraiment comment j’avais pu me retrouver en tailleur sous la douche, ça ne me ressemblait pas, c’est une affaire de désespoir je crois. En nous blessant j’espérais renouer avec lui. A peine arrivé, et après une rapide auscultation il fut proclamé que l’aspect “fonctionnel” de la chose serait préservée. Après la “vraie” opération je me sentais mieux, même si la douleur était forte. Mais il me plaisait, j’avais un nouveau pénis et je me souviens avoir été heureux de m’en servir comme si ça avait été la première fois.

J’ai 19 ans bientôt. Il n’a pas changé de forme bien sur, mais il est fier, mon pénis. Je le sens toujours un peu fragile alors je n’ai rien dis à personne, mais au moins nos rapports se sont améliorés, je n’ai plus tellement peur de le montrer, et je m’amuse des réactions qu’on peut avoir face à une verge constamment dénudée. Depuis lors je n’ai plus honte de lui, juste de ce que je lui ai fait et j’espère que s’il me pose problème à l’avenir je saurai le regarder avec toute l’affection qu’il mérite.