Encyclopénis

Un recueil de témoignages concernant le pénis.
Car décidément, il n'y a pas que la taille qui compte.

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Sep 27
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L., 19 ans

Mon rapport au pénis a été biaisé bien avant que je ne sache réellement ce que c’était.

Je ne me souviens pas exactement de l’âge que j’avais, certainement entre 5 et 7 ans, c’est très flou, quand mon frère, âgé de 9 ans de plus que moi, me forçait à lui faire des fellations quand je voulais dormir dans sa chambre. Je ne savais pas ce que c’était et je trouvais ça sale mais mon envie de dormir avec lui était plus forte. Ça a duré des mois et puis j’ai arrêté d’aller dormir avec lui, il refusait à chaque fois.

Et puis, à peu près à la même période, je suis partie en vacances avec ma tante, son mari et mon cousin. Pendant une semaine, mon cousin m’a raconté des histoires horribles et terrifiantes à propos de fantômes et de monstres et il me menaçait de leur dire de tuer mes parents si je ne faisais pas ce qu’il voulait. Et moi j’y croyais. Je n’avais aucun moyen d’avoir de leurs nouvelles, en tout cas je ne me rappelle d’aucun coup de téléphone, alors j’obéissais « pour les sauver ». Et tous les soirs, son pénis m’infligeait de nouvelles tortures. Principalement psychologiques, parce que la seule fois où il a voulu me pénétrer je me suis mise à pleurer tellement fort que ça l’a arrêté : ses parents étaient dans la pièce d’à côté.

J’ai mis des années à comprendre. Ou plutôt, j’ai tout effacé de ma mémoire pendant près de 10 ans.

Et puis ça m’est revenu quand je suis rentrée au collège, avec le début de la puberté. Contrairement à se qui aurait été logique, je suis sortie avec des vingtaines de garçons en 4 ans de collège. Maintenant je pense que je faisais ça pour ne pas me sentir seule, mais sur le coup, je n’en avais pas conscience. Et puis, l’avantage d’avoir « un mec » avant ses 15 ans, c’est qu’on n’est pas obligé de coucher avec lui. Mais, passée une certaine limite, je ne pouvais plus m’empêcher d’y penser, de l’envisager. Alors ma vie a pris un tournant. Je ne suis plus sortie qu’avec des filles. Ça a duré pendant 3 ans, le temps du lycée. Maintenant je ne renie absolument pas ces relations, j’ai passé de très bons moments et désormais je sais que je suis bisexuelle. Ma bisexualité a peut-être été « forcée » mais d’un autre côté elle est réelle, je ne la remets pas en question une seule seconde.

La première fois que j’en ai parlé, de toutes ces expériences humiliantes et traumatisantes, c’était à mon grand amour du collège. Par écrit, sur une feuille qu’on se passait mutuellement après avoir écrit quelques lignes chacun. Je lui ai écrit que j’avais vécu des choses pas drôles et que c’était pour ça que j’avais peur de faire l’amour avec lui. J’avais aussi écrit que c’était quelqu’un de ma famille mais qu’il se rassure, « ce n’était pas mon père ! ». Et un jour ma mère est tombée sur cette feuille, alors je lui ai raconté pour mon frère et moi. Elle avait l’air choquée. Elle m’a dit qu’elle lui en parlerait. Et puis plus rien. De toute façon il ne vivait plus à la maison, ça n’aurait rien changé. Si, dans ma tête, je me serais dit qu’en fait j’avais tort. Parce que depuis que je suis toute petite, je sais que, sexuellement, n’importe quel homme peut avoir le dessus sur n’importe quelle femme ou presque, et que l’inverse est faux. Mais cette fois, j’ai espéré que ma mère rétablisse un peu de justice. Si elle l’a fait, je n’en ai rien su. Je n’en ai absolument jamais parlé ni à mon frère ni à mon cousin.

En entrant à la fac, j’ai enfin sauté le pas. Malgré une peur panique, j’ai couché avec un garçon. Je l’avais choisi depuis des mois. Et la première fois, il m’a déchiré le ventre. Je pensais que c’était normal, alors on a remis ça. Mais à chaque fois c’était pareil. Et il n’était pas vraiment doux comme amant. Sauf que c’était le premier, alors, ignorante, je le laissais faire. Ça m’a conforté dans l’idée que le pénis blesse tout ce qu’il touche.

Maintenant, je suis en couple depuis presque un an. Et je l’aime. Il ne sait rien de tout ça. Rien de clair en tout cas. Je ne veux pas le salir avec mon histoire, ni lui faire croire qu’il est comme ces gros dégueulasses juste parce qu’il a un pénis.

En plus, j’aime son pénis, on est complices tous les trois. Peu importe ce à quoi il ressemble, la seule taille qui compte c’est celle du plaisir (enfin) partagé.