Encyclopénis

Un recueil de témoignages concernant le pénis.
Car décidément, il n'y a pas que la taille qui compte.

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Jul 10
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J., 20 ans : la circoncision

Après avoir été circoncis, j’ai eu l’envie d’en parler sur mon blog, car j’avais moi-même eu l’impression de manquer cruellement de témoignages, d’expériences. Mon père avait été circoncis, mais il avait cinq ans, en n’en gardait donc aucun souvenir. Et pas question de compter sur les sites et forums consacrés à la santé : tout et n’importe quoi y circule. Il me fallait pourtant être rassuré, il me fallait quelqu’un qui me raconte son vécu pour que le mien à venir semble moins inconnu. Donc, après y être passé, je voulais le partager, pour aider les nombreux autres qui y passeraient ensuite. Mais c’était finalement trop intime pour être exposé sur mon blog; aujourd’hui Encyclopénis me semble une bonne occasion de le faire.

Une des raisons qui a fait que j’ai longtemps attendu avant de me faire examiner, était la crainte d’avoir une érection lorsque mon toubib (pourtant un mec) me tripoterait. En fait, il faudrait être vachement en rut pour ça, parce que le contact du latex des gants, ça coupe toutes les réactions ! Et la façon qu’ils ont de faire l’examen coupe aussi toute envie : ils n’effleurent pas, n’empoignent pas, ils pressent, tournent et retournent.

Une autre chose qu’il faut savoir, c’est que les Musulmans sont loin d’être les seuls à faire des circoncisions. C’est même une opération très courante; être circoncis est donc loin d’être anormal et un grand nombre d’hommes le sont. (Ca peut paraître idiot de le dire, mais c’est je crois ce genre de faits anodins qui sont les plus efficaces pour rassurer.)

Dans mon cas, la circoncision était une des deux possibilités pour soigner mon paraphymosis partiel. Le paraphymosis consiste à ne pas savoir décalloter; processus pourtant indispensable pour savoir nettoyer efficacement le gland - sinon on risque des infections -, et qui est bien fort utile lors des relations puisque le gland est bien plus sensible que le prépuce (peau qui le recouvre et qui se replie). Ca arrive quand le prépuce est pas assez souple. Pour le résoudre, soit on modifie le frein (ligne de peau souple qui permet le repli), soit on retire le prépuce. On peut tout à fait vivre en ayant un paraphymosis, mais on risque de déchirer son frein lors des relations… Rien qu’à imaginer la douleur, le sang qui pisse et le traumatisme de ma partenaire, j’ai tout de suite décidé d’être opéré. J’ai pour ma part opté pour la circoncision, plus facile et plus sûre.


L’autre choix que m’a posé mon urologue est celui de l’anesthésie : locale ou totale. J’ai choisi la totale. J’aurais peut-être mieux fait de me renseigner plus sur ce point… Car il faut longtemps pour se réveiller et on reste plusieurs heures à la clinique après avoir été opéré. Au début, j’ai trouvé ça marrant, car je me suis réveillé tout en douceur et je me sentait plus reposé que jamais, ça m’avait fait un bien fou d’être endormi aussi profondément. Aucune sensation particulière au niveau du pénis, qui était complètement enveloppé de bandages: ni douleur, ni gène. Après, c’était moins drôle, car l’anesthésie est perçue comme un poison par l’organisme, et l’estomac rejette tout ce qu’on lui donne, impossible de manger. Et du coup, impossible de me lever à cause du manque d’énergie, et plusieurs vomissements.


Heureusement, ça fini par passer et j’ai pu rentrer chez moi. Mais j’étais pas frais : encore un peu vaporeux, j’avais du mal à marcher car la moindre pression contre mon engin déclenchait une douleur franchement agaçante. Dès le lendemain, retour chez l’urologue pour examiner l’évolution et recevoir les instructions d’ “entretien”. Quand il a retiré les bandages, j’ai été une seconde horrifié par ce que j’ai vu : “mais qu’est-ce qu’ils ont faits ? C’est moche !” J’ai tiré une telle tronche que le toubib m’a rappellé que la circoncision est une opération irréversible.

Les jours qui ont suivi, j’avais de nouveau les tripes un peu crispées comme avant l’opération, mais pour une autre raison : j’avais pour ainsi dire peur que l’engin ne fonctionne plus. J’avais beau bander à la moindre pensée un peu salace comme avant, j’avais un sale doute concernant ma capaciter à donner et avoir du plaisir. On ne m’avait retiré que le prépuce, mais c’est comme si tout était parti, je me sentais moins “mec” qu’avant. Je n’ai jamais pensé que c’est le pénis qui fait l’homme, mais n’empêche que le sexe occupe une grande partie de, disons, la personnalité. Et bien que je trouve cette idée idiote, je me sentais diminué.


Heureusement, les jours passant, au fur et à mesure que je prennais soin de mon engin, je me suis habitué à son nouvel aspect et j’ai progressivement retrouvé mon état d’avant : je m’apprécie tel que je suis et je suis content avec ce que j’ai.

Comme je l’ai déjà évoqué, cette opération m’a toutefois changé, car depuis j’ai une espèce de considération, voire peut-être du respect, pour mon pénis. Il était devenu plus qu’un simple outil, car l’impression de l’avoir perdu m’a fait réaliser à quel point j’en dépendais dans certains domaines. Avant, j’étais juste content qu’il me permette d’avoir du plaisir, maintenant je suis content qu’il soit là pour ça et j’essaie d’en prendre soin. Et même quand j’ai une érection au mauvais moment, j’aime mieux bander en espérant que ce n’est pas visible plutôt que de ne pas avoir de réaction ! ;)

Ca a l’air important, voire imposant, mais cette opération n’est pas si terrible qu’elle en a l’air. Pour ceux qui se demandent si elle change quelque chose aux sensations, j’aurais tendance à dire que oui, mais sans doute pas comme vous le croyez. Je suis mal placé pour comparer avant/après, puisque j’étais alors et suis toujours puceau, mais voilà en tous cas ce que j’ai constaté : quand le pénis n’est pas circoncis, le gland n’a pas l’habitude d’être exposé et il reste très sensible. J’ai d’ailleurs eu bien du mal à m’empêcher de bander après l’opération, car le moindre frôlement de tissu faisait affluer le sang, et le fait d’avoir souvent mal par la même occasion n’y changeait rien… (si jamais vous avez le coup, je vous conseille les peignoirs amples, ça pose moins problème - et si possible balladez-vous à poil là vous aurez pas mal du tout). Une fois circoncis, on s’habitue peu à peu. Il n’y a pas de perte de la sensibilité, c’est juste qu’on s’habitue à ce que les nerfs du gland soient sollicités.

Après, on peut toujours se demander ce qu’en pensent les filles, mais là, c’est une question de goût :)