Encyclopénis

Un recueil de témoignages concernant le pénis.
Car décidément, il n'y a pas que la taille qui compte.

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Jul 08
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J., 20 ans

Le souvenir le plus ancien concernant cette partie si “fascinante” de moi est sans doute la peur que je me suis faite un jour vers mes dix-onze ans. J’avais plus ou moins l’habitude de jouer avec mes testicules avant de m’endormir. Et d’un coup, je n’en ai plus eu deux mais une, impossible de retrouver l’autre. La panique n’a pas duré bien longtemps : encore courte, elle était remontée mais a bien vite repris sa place. Ca m’a par contre coupé l’envie de “jouer” ainsi, j’avais peur qu’elle ne reste coincée pour toujours.

Plus tard, il y a eu deux autres peurs, à cause de la tache brune qui s’étendait le long de la hampe, et à cause de l’impossibilité que j’avais de décalloter une fois l’érection enclenchée. Mais cela faisait plusieurs années déjà que je m’étais découvert et j’avais tout à fait apprivoisé mon engin, la masturbation battait son plein. Du coup, je m’appréciais tel que j’étais; en fait je n’avais peur que lorsque j’essayais d’imaginer la réaction d’une hypotéthique copine en voyant l’état de la bête : peur ? Dégoût ? Rejet ? Je craignais d’être blessé par ses réflexions. Mais je chassais bien vite ces sombres pensées, et je suis resté longtemps dans l’ignorance : je ne savais ni d’où venait cette tache ni si le décallotage était essentiel. Je n’ai commencé à avoir un doute diffus que lorsque j’ai lu, parmi d’autres infos qui traînent sur le net, que mon problème s’appellait paraphymosis. Mais là aussi, n’ayant pas de copine, j’ai repporté à plus tard les inquiétudes.

Avec les années, le Désir, celui qui vous dévore les tripes bien plus que ne vous fait dresser la queue, se faisait plus fort, et j’ai réalisé un beau jour, du côté de mes dix-sept ans, que si je voulais l’assouvir je ferais mieux de me mettre d’abord en paix avec moi-même. J’ai je ne sais comment trouvé le courage de parler de mes doutes à mon toubib, qui m’a dirigé vers un urologue. La décision a été vite prise, et la circoncision s’est faite l’été de mes dix-huit ans. J’appris au passage que la tache était normale même si inhabituelle. Tout était donc réglé.


C’est là, je crois, qu’a réellement débuté une “relation” entre mon pénis et moi. Jusque là, il n’était que l’outil de moi-même qui me servait à me détendre et à me donner du plaisir, tout comme la bouche est l’outil pour manger. Et pourtant, j’avais eu alors l’étrange peur que cet outil ne fonctionne plus, en voyant ce qu’on lui avait fait, à quoi il ressemblait sans prépuce. Oh oui, je bandais toujours aussi facilement (même si le toubib me l’avait interdit pour éviter de perturber la cicatrisation) mais j’avais quand même une espèce de peur de ne plus pouvoir être papa un jour, de ne plus savoir assouvir ce Désir qui s’emparait chroniquement de mon ventre.
Une fois la cicatrisation complète, je n’ai pu m’empêcher de revenir à mes vieilles habitudes. Une rapide masturbation a vite fait de me rassurer sur le bon fonctionnement de l’engin, mais le pas était franchi : j’avais eu une peur à son sujet, une peur profonde et panique. Je n’ai jamais donné de nom à mon pénis, mais depuis ma circoncision, il y a une espèce de considération qu’il n’y avait pas avant : je lui suis en quelque sorte reconnaissant de faire son office, d’être ma soupape de sécurité, et j’espère en prendre soin comme il faut.

Par contre, je n’ai jamais eu la peur si courante d’avoir un pénis trop petit. D’abord parce qu’il ne l’est pas, je me suis vite rendu compte que je suis dans la tranche supérieure de la moyenne déclarée de la population. Ensuite parce que de toute façon, je suis content avec ce que j’ai. Avec tout le temps passé à me découvrir, je me connais sur le bout des doigts (c’est le cas de le dire :) ), et je crois sincèrement que si ma partenaire ne serait pas satisfaite, je n’en serais pas plus gêné que ça. Je me conforte aussi avec des idées du genre “de toute façon si elle m’aime, elle s’en contentera aussi”.

Mais là, c’est une autre histoire, qui demande encore à être écrite.