François, 23 ans, homo
Mon pénis est, pour moi, le compagnon de tous les jours. C’est un peu comme un doudou que j’emmène partout. Quand j’ai des moments de doutes, je sais que lui ne me lâche pas. C’est étrange, je sais, mais j’aime le toucher en privé. La peau y est tellement douce que j’y prends du plaisir et j’arrête dès que l’érection pointe son nez. Il n’est pas question de s’exciter, mais de me rassurer. C’est retrouver une peau de bébé, retomber dans la découverte du corps, à ces moments ou j’étais sans soucis, sans savoir la chance que c’était d’être logé-nourri-blanchi.Mais cette douce peluche a son côté noir, puisque cet engin est à double tranchant. Tantôt tendre et rassurant, tantôt enivrant et diaboliquement tentateur. C’est mon mauvais garçon, un bandit sans vergogne quand il se met à hurler son envie, et un nounours quand on sait comment s’y prendre. Je le protège, je m’en inquiète souvent, et je ne peux m’empêcher de craindre qu’un homme ne la prenne pas bien, la torde ou l’abime. Pas par peur de la douleur, mais par peur de séquelles, même temporaires.
Il m’est arrivé une fois un sale coup de dent près du frein. La peau a été arrachée et j’avais la chair à nu. Par mesure de sécurité, tout a été arrêté et je me suis interdit de sexe le temps du rétablissement, mais c’était de toute façon impossible autrement. J’avais perdu toute confiance en moi et toute libido pendant une semaine entière. Je n’étais pas handicapé, mais psychologiquement, c’était comme si j’avais un jumeau à l’hôpital. J’ai déprimé et il m’a fallu quelque temps pour le reprendre en main…