Anonyme - La nuit des sextoys zombies
Le sextoy, pour moi, jusqu’à peu, et encore probablement maintenant (dans ces recoins au fond de moi), c’est l’Ennemi, le monstre de film d’horreur qui fait frémir et se cacher sous son lit.
Mais je rentre trop vite en matière. J’ai compris ça plus ou moins récemment, lors d’une conversation avec ma compagne. A l’époque, j’étais expatrié, pas de vie de couple possible pour plusieurs mois. Bien naturellement, nous compensions notre manque par les artifices solitaires que la profusion de membres dans le corps humain nous ont permis.
Et un jour, ladite compagne, voulant m’émoustiller par chat interposé (l’application web, pas le félidé) m’avoue avoir acheté quelque chose qui va l’aider à passer ses “pulsions”. Et de me faire deviner l’identité de l’accessoire en question, le godemichet rose tout bête, tout classique (ni elles ni moi ne sommes très cultivés question sextoys).
Et là, en lieu et place de la petite excitation prévue, la belle se retrouve a me gérer… en panique. Rien compris, rien vu venir. Et moi non plus. J’ai paniqué, et le mot n’est pas choisi au hasard. C’était de la peur, animale, instinctive, primale. Un peu de farfouillage psychologique plus tard, on comprend : j’avais peur d’être remplacé. Qu’une fois rentré à la maison, je m’entende dire, lors de joyeux câlins : “Mh, que tu me fasses l’amour, c’est très agréable, mais tu ne voudrais pas plutôt te servir du truc rose ?” et moi d’ajouter mentalement une suite écrite par un paranoïaque “Parce que c’est pas que tu tiennes pas la route, niveau performances, mais ce truc là, tu comprends, c’est étudié pour. La science, tout ça.”
Idée que mon pénis soit trop court / trop peu large ? Que la vitesse de mes coups de reins n’égalera jamais la vibration d’un moteur électrique ? Qu’avec cet ustensile elle pourra commencer et arrêter à loisir, sans avoir les désirs d’un vis à vis à gérer ? Encore aujourd’hui, je sèche sur la nature profonde du problème.
Donc voilà, j’ai peur d’être remplacé par un sextoy. Même si, objectivement, çà ne risque pas d’arriver. Mais la peur est stupide, et ne s’embarrasse pas de tels détails que la réalité.