Encyclopénis

Un recueil de témoignages concernant le pénis.
Car décidément, il n'y a pas que la taille qui compte.

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Jun 29
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La petite histoire de Jub’ et des pénis…

J’ai toujours voulu avoir un pénis, depuis que je sais ce que c’est.

Quand j’étais petite, je croyais que nous étions tous pareils. J’avais déjà vu mon père nu, mais c’était mon père, il était donc normal qu’il soit différent, extraordinaire.

J’ai toujours eu plus d’amis garçons que de filles, aussi j’ai vite découvert que l’espèce humaine se divisait en deux moitiés différentes, et que je n’étais pas née dans celle que j’aurais voulu. Dès la petite école, je les enviais, ces garçons. A mes yeux, ils possédaient un jouet fabuleux, dont je ne pourrais jamais que rêver. Je me souviens comme je jalousais mes copains, quand ils partaient s’amuser à des jeux à pénis, les concours de celui qui fait le pipi le plus loin et autres, et qu’ils me laissaient dans mon coin en me disant “non, tu peux pas venir, t’es qu’une fille”.

Alors je faisais semblant. Je n’avais pas de pénis, mais j’allais me débrouiller pour qu’ils m’acceptent. Avoir un pénis, c’était avoir du pouvoir, une partie de soi qu’on peu prendre en main et contrôler. Je n’avais pas de pénis, j’ai pris le pouvoir, et suis devenue la parfaite caricature du garçon manqué.

Toutes les semaines mon meilleur copain venait dormir à la maison. C’est lui le premier qui m’a expliqué ce qu’était un pénis, et à quoi il servait (bon, sa version de petit garçon était assez haute en couleurs, heureusement que d’autres, plus au courant, sont passé après lui). Il me montrait son pénis, m’expliquait les différentes parties, ce qu’il ne fallait pas faire et ce qu’il aimait, comment s’y prendre pour s’amuser. Il me laissait le toucher, jouer avec. Je l’aimais beaucoup, cette petite chose toute douce, qui possédait sa propre magie. Lui ne me touchait pas, ne demandait pas. Nous étions petits.

C’est quand il a commencé à me poser des questions sur moi, que j’ai commencé à m’intéresser un peu à mon corps, à me rendre compte que même si je n’avais pas eu de zizi, je n’avais pas tout perdu. A partir de là ce n’était plus seulement moi qui jouait avec son pénis, nous nous touchions l’un l’autre comme le font presque tous les petits enfants.

Cela a duré jusqu’au collège, où nous avons été un peu séparés. Et où est arrivée la Puberté, que j’ai si longtemps maudite. De ce que j’en voyais, de ce qu’il me racontait, j’en tirait que c’était comme si quelqu’un ajoutait de nouvelles options à son jouet, pour l’en rendre plus amusant, alors que moi, je ne récoltais que des choses que je jugeais terribles.

Oh, ce que j’ai pu les jalouser, les garçons, avec leur zizi qui me semblait si pratique et rigolo. Le mal-être, la crise d’adolescence horriblement cliché, mélangés au désir impérieux d’avoir un pénis ont rendu ma période collège très pénible (encore plus que ce qu’elle est censé être, et qui n’est déjà pas brillant).

Et puis il a bien fallu que je me fasse définitivement une raison; je n’aurais pas de pénis. J’étais garçon dans la tête et fille par le corps, il a bien fallu réconcilier les deux. Et je suis devenue une fille.

Comprendre qu’un pénis, c’était une partie du garçon lui-même, et non une sorte d’accessoire qu’il aurait pu abandonner (ça parait vraiment bête à dire, mais je ne trouve pas d’autres mots). Découvrir comment on pouvait me prêter un pénis, le partager avec moi.

Je revois mon copain de l’époque, c’est toujours mon ami, et nous rions de ce que nous faisions plus tôt.

A présent, j’ai 17 ans, et je suis une fille bien dans sa peau (enfin, autant qu’on puisse l’être, je pense).

Et même si les pénis continuent d’exercer pour moi une étrange fascination pour eux-mêmes assez importante, même si cela m’était possible, je ne pense pas que j’en échangerais un contre ma féminité.