Encyclopénis

Un recueil de témoignages concernant le pénis.
Car décidément, il n'y a pas que la taille qui compte.

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Jan 18
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Un dessin de lecteur.

Un dessin de lecteur.

Dec 10
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Célia

Mon histoire avec le pénis commence vers mes 6-7 ans. Un garçon venait tous les soirs chez moi, ma mère l’aidant à faire ses devoirs. Quand nous avions fini, nous jouiions dans ma chambre en attendant que sa mère vienne le chercher. Il choisissait toujours le jeu, c’était Tarzan, le jeu. Et Tarzan, la nuit, il faisait l’amour. Dans son jeu c’était tout l’temps la nuit. Alors il me déshabillait, se déshabillait et se frottait contre moi. Je n’disais rien et j’attendais. Pendant ces moments je n’regardais jamais son pénis. Je le sentais contre moi mais j’e n’en ai pourtant pas de souvenirs précis, ma mémoire s’est appliquée à tout effacer. Je n’en ai jamais parlé. Je n’avais pas d’image précise d’un pénis alors je me l’imaginais. Ce petit « jeu » a duré jusqu’à mes 11 ans. Assez longtemps pour que le pénis devienne pour moi l’objet de domination. Si le garçon choisissait le jeu, que moi je n’savais pas protester c’était bien qu’il dominait. La différence entre lui et moi c’était son sexe. Evident donc que le sexe masculin permette la domination.

A partir de ce moment la j’ai souhaité plus que tout avoir un pénis. C’était pour moi un jouet indispensable. C’est aussi à cette époque que j’ai décidé que jamais personne ne me pénétrerait. Je voulais etre un homme. J’était persuadée que la nature s’était trompée, que mon corps ne me correspondait pas. Le pénis est devenu une obsession, je n’pensais plus qu’à lui. Pourtant je n’en avais jamais vu. Je m’imaginais alors un genre de tuyau plutot long qui se tordait comme on le souhaitait. C’est là que mon imagination s’est mise à fabriquer de nombreuses histoires de petits garçons dont le pénis était « multifonction ». J’avais alors 8 ou 9 ans. Dans ces histoires les garçons dominaient car grace à leur sexe, ils étaient capables de nombreuses choses que les filles ne pouvaient pas faire. Ils les aidaient alors. Leur sexe était dans mon esprit réellement grand à cette époque. Ils pouvaient meme les nouer sur eux même et ce sans aucune douleur.

Je suis sortie avec quelques garçons au collège jusqu’à ce que je comprenne qu’à force, ils voudraient coucher. Alors je me suis coupée d’eux. Ils ne pouvaient être que mes amis, de cette façon aucun pénis ne me dominait. Notre relation était d’égal à égal. J’avais toujours cette image d’un pénis dominateur pourtant il devenait laid dans mon esprit. En effet je savais à quoi il ressemblait réellement et la réalité était bien différente de mon image fabriquée de toute pièce. Il était plus laid. Il devenait une espèce de chose molle et visqueuse, dégoutante. Je n’voulais jamais avoir à faire à lui. Petit à petit, seule l’image de la chose effrayante est restée. Aussi laid, il ne pouvait que faire du mal. Le pénis ne pouvait procurer du plaisir qu’à son possesseur. Il devenait ce monstre que possédait les hommes pour leur propre plaisir. Pourtant je souhaitais toujours devenir un garçon. Je m’imaginais jouant avec cet objet, me masturbant. Un jour, cette idée m’a abandonnée. Sans prévenir, comme ça. J’étais une fille, je n’y pouvais rien. J’allais faire avec. Je ne voulais surtout pas de pénis en moi. Pourtant j’ai souvent eu l’envie de tenir un sexe bandant dans une de mes mains, l’envie de le glisser dans ma bouche et de faire plaisir à son maître. Mais jamais ce désir ne fut comblé de peur que l’autre veuille plus.

Je me suis réellement détachée des hommes et de leurs sexes ignominieux le jour ou je suis tombée amoureuse. D’une jeune fille. Une fille avec qui je donnais à mes doigts l’usage d’un pénis. Mais d’un pénis qui ne serait destiné qu’à faire plaisir à l’autre. Le pénis n’est toujours pas un objet de plaisir pour moi, il reste comme un ennemi, que peut etre un jour je découvrirai plus.

Nov 25
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Théoraste, 23 ans

La cohabitation avec Monsieur Pénis a pris du temps. J’ai lancé [sic] mes négociations en quatrième en explorant ses extensions. Jusqu’à mes 21 ans, j’en suis resté à mes phases de tests. J’ai une réelle difficulté pour employer les mots justes pour en parler. 
Les années passaient sans que j’aie même de simples amies filles. Encore aujourd’hui, je suis mal à l’aise avec les nanas de mon âge. J’ai toujours été attiré par le monde des adultes, pensant pouvoir être guidé par plus expérimentée que moi.
Etrangement, les prémices pour mon pénis n’ont jamais eu lieu comme je l’imaginais. Malgré mes quelques opportunités sans initiative de ma part, Monsieur Pénis n’avait pas le premier rôle. Il restait silencieux et m’observait donner du plaisir autrement aux filles.

Sa patience a été récompensée par ma toute première copine et amie à 21 ans. Pénélope l’a même adopté. Elle le trouvait différent des nombreux autres que son statut de femme mature lui avait permis de découvrir. Pourtant, il ne donnait pas de plaisir à mon amour. Une fois de plus, j’avais tendance à l’abandonner pour compenser ses maladresses juvéniles.

Nov 10
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Antoine, 21 ans

Mon pénis n’a pas de surnom. Je me suis toujours demandé si ce mythe était véridique, celui qui veut que les hommes donnent des petits noms à leur pénis, ou les femmes à celui de leur compagnon. Entendons nous bien : oui, parfois, il a eu un “nom de code” pour pouvoir être désigné en public avec une partenaire. Mais ça n’avait aucune connotation personnalisante, ça n’avait pas vocation à se poursuivre dans l’intimité.

Est-ce pour autant que je ne fais pas de distinction entre moi et mon pénis ? Je ne sais pas.

Avant d’aller plus loin, même si je vais devoir nuancer plus tard, je dois dire quelque chose : mon rapport à mon pénis est plutôt positif. Je n’en ai pas honte, je n’en ai pas spécialement peur, il m’arrive d’en être fier, du moins d’être fier de ce que je fais avec (de ce que je lui fais faire ? de ce qu’il fait de moi ?) Je ne donnerai pas de chiffres précis, mais je ne prétendrai pas n’avoir jamais mesuré. Mais, même anonyme, je garde une certaine pudeur. Globalement, il est plus long que la moyenne, un peu plus large aussi, du moins en érection. Au repos, c’est l’inverse.

En fait, j’ai toujours du plaisir à le montrer, ce pénis. Même quand il n’est pas “à son avantage” : au repos en sortant de l’eau froide, je ne résiste pas au plaisir exhibitionniste de le dévoiler. Encore mieux dans un contexte sexuel, quand je sais qu’il est désiré. J’ai, bien sûr, plaisir à entendre un commentaire flatteur même si je n’y suis pour rien. Et ça arrive, surtout quand je suis avec des hommes. Je crois même que c’est pour ça que je débroussaille, souvent intégralement, autour : pour qu’on le voie mieux. Pour qu’il accroche le regard.

Mais je crois aussi que ça n’est pas vraiment de lui dont je suis fier. C’est, paradoxalement, une manifestation de ma pudeur. Je suis très pudique, je déteste me dévoiler vraiment. En fait, il n’est pas si important, ce bout de chair susceptible de turgescence. Si l’on se concentre sur lui, on ne se concentre pas sur moi. Et si on s’intéresse à lui, avec un peu de chance, je pourrai gagner un peu de plaisir sexuel au passage.

Cette auto-analyse, qui donc par définition est partiale, se voit étayée par un autre fait : quand j’arrête de baiser et que je fais l’amour (ou plus largement dans n’importe quel rapport à caractère sexuel avec quelqu’un que j’aime) j’oublie mon pénis. Il redevient, purement et simplement, moi. Au même titre que ma main, que mon nez (c’est un roc… pardon), même que mon ventre un peu enrobé. Quelque chose dont je ne suis ni plus fier, ni plus honteux que de tout le reste, qui fait partie de ce que je donne à l’autre. Je ne peux pas me donner pudiquement. On ne donne pas un cadeau en demandant “mais tu le laisses dans le papier”.

Mais quand je ne fais pas l’amour, donc, il doit toujours pouvoir me servir de paravent. Il se doit d’être le le point qui attire l’attention de l’autre, l’objet qui me dépersonnalise, je dois me résumer à mon pénis. Ainsi, il doit avoir un comportement impeccable, au sens le plus machiste du terme. Il doit être toujours prêt, toujours donner du plaisir. Je crois que c’est pour ça que, quel que soit l’acharnement que moi et mon partenaire y mettions, dans ce genre de relation, je ne jouis presque jamais. Je ne parle pas d’avoir des éjaculations : ça c’est relativement mécanique, ça finit par arriver. Mais je le regrette : après vient la phase de latence, celle ou je ne pourrai pas répondre à une question embarrassante par un coup de reins. J’ai l’impression alors d’être absolument vulnérable.

Mon sexe se trouve donc être mon bouclier, là où la littérature le compare plus volontiers à une épée, sauf à ce que vraiment je l’intègre à ma personne.

Nov 06
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Aurélien, 23 ans

Maintenant que j’y réfléchis, ma relation avec mon pénis a toujours été assez ambigüe ; il faut dire que j’ai toujours été d’une grande timidité, et que mes premières relations sociales avec la gente féminine n’ont guère été appréciable. Mon pénis et moi avons pendant très longtemps été rien de plus que des voisins.

Petit, les filles de mon école se montraient peu intéressées par le petit garçon aux grosses lunettes qui jouait aux Playmobils plutôt qu’au foot. Il ne me vient qu’un seul souvenir d’une quelconque attention féminine à mon égard durant les 10 premières années de ma vie. Ce genre de comportement me laissait perplexe, j’en déduisais que j’étais quelqu’un d’assez repoussant, et inconsciemment, mon pénis aussi, bien que personne autre que moi ne l’ai vu.

J’ai bien vu plusieurs autres pénis, quand nous nous mettions nus avec des camarades, malgré ma pudeur ; mais pour le peu que j’en ai vu, ils étaient fait comme moi. Une fois, je me suis mis tout nu devant une amie qui venait jouer à la maison, espérant qu’elle ferait de même. Bien sur elle ne l’a pas fait, mais je ne crois pas qu’elle ai été dégoutée par la vue de mon pénis. Je me suis dit que finalement, j’étais à peu près normal, et je n’ai donc jamais vraiment été complexé par sa taille ou sa forme. Mais c’était sans compter l’adolescence.

Je ne me suis jamais vraiment masturbé avant l’âge de 18 ans ; imaginez mon complexe à 12 ans quand tout mes amis du collège ne parlaient que de se «branler» et de «pénétrer des filles». Tout ça me paraissait sale, interdit. J’ai bien essayer de me secouer un peu l’engin comme le mimaient les copains, mais sans résultat. C’était tout dur, pas franchement beau, et ça faisait mal. J’ai fini par m’imaginer que j’étais stérile, vu que je ne pouvais pas «gicler» comme les autres. Et toujours, les regards méprisants et dégoutés des filles.

Après des années de totale inactivité sexuelle, je me suis dit que mon comportement n’était pas naturel. Après tout, je faisais des rêves érotiques qui me faisaient repeindre involontairement les draps : c’est donc que ça tournait pas si mal que ça, en bas. J’ai alors essayé avec application d’utiliser convenablement mon pénis, et ça a marché. Évidemment. À compter de ce jour, je me suis masturbé au moins une fois par jour, ce qui fait qu’aujourd’hui je maitrise à peu près mon pénis.

Aujourd’hui j’ai 23 ans, et mes amies me disent plutôt bien foutu. Mais le mal est fait : sans me négliger, je n’accorde plus aucune importance à mon physique, et j’ai des difficultés énormes à aborder une femme. Et je suis toujours puceau. Plusieurs fois ce n’est pas passé loin, j’ai même réussi à procurer du plaisir simplement avec ma langue… mais mon pénis restait dans l’ombre, inquiet, timide.

Être encore puceau à mon âge ne me dérange pas plus que cela… Je me dis que la première à voir mon pénis aura un certain privilège, et que si elle ne l’accepte pas ou se moque de moi, elle ne me mérite pas et voilà tout : j’ai attendu 23 ans, je ne suis plus à ça près. Je me rassure en pensant que cette première femme qui verra mon voisin pénis sera plus qu’un coup d’un soir, et sera probablement quelqu’un qui me comprendra… et le comprendra, lui.