Encyclopénis

Un recueil de témoignages concernant le pénis.
Car décidément, il n'y a pas que la taille qui compte.

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May 11
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May 09
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Anonyme

C’est assez difficile de parler de mon pénis car c’est un compagnon du quotidien. Il est comme un bras ou une jambe, une partie intégrante de moi-même. Il fait partie de ce que je suis : un homme. Ni plus ni moins. Mon pénis n’est ni une source de complexe ni une source de glorification. C’est une partie de mon identité masculine. Bien sur, il préside à ma sexualité (difficile de faire autrement), mais il n’en est pas pour autant la condition suffisante ou nécessaire. D’une part une sexualité penicentrée peut être vite ennuyeuse ; d’autre part, bien qu’il permette d’obtenir du plaisir de la manière la plus rapide et la plus efficace, il n’est pas la seule façon d’en avoir.

Sexuellement parlant, j’ai fait la connaissance de mon pénis à l’age de 11 ans en me masturbant pour la première fois. La masturbation pré-pubère c’est rigolo, il n’y a pas d’éjaculation ! Bon… ça n’a pas duré, dommage, c’était pratique.

L’apprivoisement de cet organe n’est pas simple, il répond à ce qu’on a dans la tête. Un coup de stress et il devient incapable de remplir son office (et l’orifice auquel on le destine)… les premières fois n’ont pas été évidentes ! Mais une fois les émois adolescents maîtrisés, il est un compagnon fidèle et robuste. Certes, par moments, il a le mauvais goût de me rappeler son existence au travers d’une érection inopportune aussi désagréable que inesthétique ! En même temps c’est parce qu’il discute avec mon cerveau, ce fourbe qui repère tous les bons coups à l’horizon et qui n’oublie pas de le signaler à mon pénis.

Mon pénis est une partie de moi, une partie agréable, une partie indissociable. Il est une des extensions physiques de mon cerveau. Il réagit à mes pensés mais les influences aussi. Il est l’une des sources du dialogue permanent entre mon corps et mon esprit. Il exprime la dimension animale de ce que je suis tout en sublimant mes qualités psychologiques et morales. Je ne saurais m’en passer au même titre qu’il n’est pas indispensable à ma vie… c’est toute l’ambivalence du sexe.

C’est vraiment très bizarre d’intellectualiser quelque chose d’aussi éminemment physique que le pénis, et en l’occurrence, parler plus avant de mon pénis reviendrait maintenant à parler de ma sexualité. Ça ne me dérange pas, mais ça ne rentre plus dans le cadre d’Encyclopenis.

May 07
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Merci à Glen S.
Merci à Glen S.
May 06
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Fabienne, 30 ans, hétéro

Note de la webmestre : c’est mon premier témoignage de femme. Mea culpa, je n’avais pas pensé à leur demander leur avis ! Cette erreur est réparée aujourd’hui. J’invite les femmes qui ont envie de partager leur expérience du pénis à m’écrire grâce à la FAQ ci-dessus.

Je n’ai pas vraiment de souvenirs d’enfance concernant le pénis. Tout au plus ma mère m’a-t-elle racontée qu’elle nous avait surpris le petit voisin et moi à comparer nos différents attributs à l’âge de 3-4 ans… Rien de bien transcendant.

Ma première vraie rencontre avec Mr Pénis date donc de mon premier amoureux, j’avais presque 18 ans. J’ai tout de suite bien aimé ce nouvel ami. Chaud, doux, timide, intrépide, impétueux, si émotif, preuve vivante de l’effet que je lui faisais…

A chaque nouveau petit copain, j’ai toujours été impatiente de découvrir quel genre de sexe (j’ai toujours préféré “sexe” à “pénis”) il avait. Ce n’est pas tant la taille qui m’intéressait, désolée messieurs. J’ai toujours aimé découvrir ce grain de peau si fin, la couleur plus foncée de la peau de la hampe, les petit points de beauté, les veines gonflées, les proportions du gland, son sexe penche-t-il à gauche ou à droite, est-il fort poilu ou pas, quelle est son odeur, son goût, le goût du sperme, comment est-il après l’amour ?

Tous pareils de loin mais loin d’être pareils…

Je n’ai jamais été dégoutée par un pénis. Oui ça sent parfois un peu fort. C’est un sexe quoi… Je ne trouve pas ça ni sale ni répugnant. Juste naturel…

L’aspect et le gout du sperme m’intriguent toujours… C’est tellement variable, de transparent très liquide à blanc-lait-de-coco-épais, de doux à très amer… Si mère nature avait été un homme, elle se serait surement arrangée pour que le sperme goûte le chocolat…

J’ai eu une fois peur en voyant un pénis : “ça ne rentrera jamais“… trop épais… un peu trop grand… et je me suis bloquée sur cette première impression et il a fallu beaucoup de patience et de temps pour que tout se passe bien alors qu’il n’était finalement pas si exceptionnel que ça. L’expérience n’y était pas encore. Pour moi, un grand pénis n’est pas spécialement un atout pour un homme. Je préfère de très très loin un homme tendre, imaginatif, doué de ses doigts et ayant un pénis “moyen” à un Rocco qui tire son coup en 15 secondes et puis se rendort aussi sec…

Le pénis me fascine, je donnerais quelques années de ma vie pour en avoir un sexe d’homme rien qu’un seul jour. Se réveiller avec une érection, se masturber, sentir le sperme monter et sortir, pénétrer quelqu’un d’autre, pisser debout!!
Le pénis reste pour moi un symbole de pouvoir.

Mon pénis préféré ? Celui de mon homme, toujours directement accessible et motivé…

May 05
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32gégé - 32 ans

Pénis et mental, et dire que certains pensent qu’il n’y a pas de lien…

Mon pénis me plaît bien : je n’ai jamais été complexé ni par sa taille ni par sa forme ni rien.

Mon premier souvenir avec mon pénis ? Pas avant la mise en marche. Je me souviens surtout que vers la 6ème je pouvais bander sans raison. J’étais en cours, tranquillement en train de faire des maths, et poum ça se mettait en action.

Pour parler mensuration il fait 15 cm en action, ce qui n’est ni bien ni mal, mais il est très petit au repos. Et c’est ça qui est incroyable. Merveille de la nature. Je n’ai jamais pensé que ça pouvait être un problème. A la limite c’est plus dans les vestiaires que ça aurait pu me gêner, mais non. Parce qu’un des premiers trucs que les hommes font, avant de se demander ce que les femmes vont penser de leur sexe, c’est juger celui des autres hommes dans les vestiaires de sport.

Peut-être que très tôt j’ai entendu que le plus important était de bien s’en servir plutôt que d’en avoir une grosse et bêtement je m’étais dis que si la fille ne la voyait pas, elle ne pourrait pas savoir si elle est grosse ou pas, ensuite il “suffisait” d’assurer.

Je ne suis pas circoncis et ça aussi ça aurait pu amener des doutes, quand on voit l’éclat dans les yeux des filles à chaque fois qu’elles parlent “de leur ex qui était circoncis”.

Il y a trois ans je suis sorti avec quelqu’un dont j’étais amoureux. Cet amour s’est dilué, et avec lui ma libido et l’érection qui va avec. Ensuite je suis resté deux ans seul, et pendant deux ans, à chaque fois que je rencontrais une fille, impossible de bander ou presque. Deux ans ! Largement assez pour se filer des doutes. Deux ans aussi où, pour des raisons personnelles, j’ai été incapable d’avoir le moindre sentiment.

Et puis j’ai rencontré ma copine actuelle, avec qui mon pénis a été très copain dès la première fois, et pour qui j’ai eu des sentiments dès la première fois aussi. Car j’accepte aussi l’image qu’en a ma copine. Si elle me dit qu’il lui plaît je la crois, alors qu’avant je ne le croyais pas.

Donc, pénis, libido, amour et estime de soi sont très liés.

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“Des pénis, des bites, des verges, des sexes masculins. Je vais continuer à faire des photos pour encyclopénis, dans le seul but de relever le défi que m’a lancé Maïa un soir d’hiver : faire des photos de pénis qui ne soient ni vulgaires, ni exib, ni connotées homo… Dur dur, mais tellement intéressant.”
Le blog du Crapo. 

“Des pénis, des bites, des verges, des sexes masculins. Je vais continuer à faire des photos pour encyclopénis, dans le seul but de relever le défi que m’a lancé Maïa un soir d’hiver : faire des photos de pénis qui ne soient ni vulgaires, ni exib, ni connotées homo… Dur dur, mais tellement intéressant.”

Le blog du Crapo

May 02
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Anonyme, 36 ans, célibataire depuis 11 mois

J’ai changé mon point de vue si souvent sur mon sexe ! J’ai eu ma période épiage des autres mecs à l’internat  avec comme grande pensée : “si elle me parais plus petite c’est parce que je la vois du dessus”.

Ma première nana, premier amour, c’était cool : tout marche bien, “elle est crédible”. Le début de la frustration aussi (au bout de 3ans), mais elle (ma bite donc) n’a jamais pris le contrôle sur moi.

Ensuite un sombre passage ou je voyais mon vit comme un mal, une peur débile, irrationnelle, de la “possession”, la “domination masculine” me rendait complètement dingue.

Ensuite des rencontres, où ma bite est devenu un mécanisme, très agréable certes, mais un mécanisme quand même. Je pouvais baiser des heures (sans dec) mais j’étais, si j’ose dire, déconnecté de mes partenaires.

Ensuite un autre amour. Patatraque, rencontre avec l’impuissance, l’éjaculation précoce, et j’en passe. Ma quéquette était devenue mon pire ennemi. J’en ai pleuré.

Ensuite une rencontre. Je flippe à mort bien sur, mais voilà que tout refonctionne à merveille, ma bite devient rapidement entre ces mains (sic) une fierté, un attribut viril, une machine à bonheur, je me sens bien avec ça. J’ai une réputation !

Elle a dit un jour : “ta bite, elle est ergonomique !”, c’est idiot mais pour moi ce fut un merveilleux compliment.

Ensuite un autre amour. Là je suis passé assez rapidement du côté obscur de la force, c’est-à-dire du repos ! J’ai pas vraiment envie, ou pas au bon moment. Ma bite était feignante, fatigué ?

Ensuite maintenant, moi ma bite et ma main. Je retrouve un condensé de tout ça, seul avec ma libido.

Parfois elle est toute petite, parfois foudre de guerre, parfois inhibitrice et parfois envahissante…

Raconter ce que l’on pense de son penis, c’est se raconter soi-même (tout bien relu c’est une évidence mais bon); et on est soi-même mouvant. En dirais-je autant sur mon avant-bras ?

Apr 30
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Pénis d’un des témoins. Merci à lui. Merci aux autres.
Pénis d’un des témoins. Merci à lui. Merci aux autres.
Apr 29
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Olivier, un pénis au naturel

Bien sûr qu’on y pense, qu’on peut pas louper ce truc qui se coince dans la braguette, qui s’installe plus ou moins bien sur la selle du vélo, qui sent fort parfois lorsqu’on s’est pas lavé après les calins, qui vous réveille la nuit dans une érection onirique et inutile… mais parler de ça ne me serait pas venu à l’idée…

Déjà, chez moi, on n’a jamais dit pénis. Petit, c’était le pompon, plus grand, la verge. Pénis est venu très tardivement… après la bite, en fait.

Mes premiers souvenirs de pénis, comme beaucoup d’hommes j’imagine, sont liés aux douches d’après le sport où, vers 10/11 ans, on regardait “BP” sous la douche, poilu et bien pourvu, alors que nous avions nos corps d’enfants… “BP” avait beaucoup redoublé :-)

Et puis un peu après, les caresses entre copains et maman qui rentre dans la salle de bains alors qu’on découvre les plaisirs solitaires…

Etant d’une famille libérée, j’ai pratiqué le naturisme dès la naissance et jusqu’à aujourd’hui… donc le pénis c’est juste une partie du corps comme une autre. Sur la plage, tout le monde tout nu, on oublie vite que celui-là il est gros, petit, pendant, ou qu’il penche à droite, et que le mien est plus long, moins gros… en sortant de l’océan, ils sont tous tout petits et les regards finissent par se porter autant sur un genou, un bras, un geste ou une attitude, que sur ces pénis qui dansent dans le vent…

Mon pénis sert tous les jours, j’ai toujours aimé le sexe et mes compagnes aussi.

Il n’y a pas de compétition ou de chronomètre ou de double décimètre, l’amour, c’est naturel et je bande devant les vieilles fesses de ma mie parce que je l’aime et nos corps sont complices et se désirent. Je n’aime pas les trucs compliqués, accessoires, gadgets, sous-vêtements, bla bla bla… Mon pénis est content lorsque les corps sont nus, poilus, nature… simplement.

Un coup de langue et le voilà qui se dresse, un clitoris sur mon nez et le voilà joyeux, un peu de salive et le voilà dans les culs les plus obtus… parce que pour moi le sexe doit rester simple pour être beau et que mon pénis est aussi important que le reste de mon corps. Et si j’écoute bien le corps de l’autre et le mien, mon pénis suit mes pensées et… vive la vie !

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Vibro vintage, via Baptiste Coulmont.
Vibro vintage, via Baptiste Coulmont.
Apr 28
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François, 23 ans, homo

Mon pénis est, pour moi, le compagnon de tous les jours. C’est un peu comme un doudou que j’emmène partout. Quand j’ai des moments de doutes, je sais que lui ne me lâche pas. C’est étrange, je sais, mais j’aime le toucher en privé. La peau y est tellement douce que j’y prends du plaisir et j’arrête dès que l’érection pointe son nez. Il n’est pas question de s’exciter, mais de me rassurer. C’est retrouver une peau de bébé, retomber dans la découverte du corps, à ces moments ou j’étais sans soucis, sans savoir la chance que c’était d’être logé-nourri-blanchi.

Mais cette douce peluche a son côté noir, puisque cet engin est à double tranchant. Tantôt tendre et rassurant, tantôt enivrant et diaboliquement tentateur. C’est mon mauvais garçon, un bandit sans vergogne quand il se met à hurler son envie, et un nounours quand on sait comment s’y prendre. Je le protège, je m’en inquiète souvent, et je ne peux m’empêcher de craindre qu’un homme ne la prenne pas bien, la torde ou l’abime. Pas par peur de la douleur, mais par peur de séquelles, même temporaires.

Il m’est arrivé une fois un sale coup de dent près du frein. La peau a été arrachée et j’avais la chair à nu. Par mesure de sécurité, tout a été arrêté et je me suis interdit de sexe le temps du rétablissement, mais c’était de toute façon impossible autrement. J’avais perdu toute confiance en moi et toute libido pendant une semaine entière. Je n’étais pas handicapé, mais psychologiquement, c’était comme si j’avais un jumeau à l’hôpital. J’ai déprimé et il m’a fallu quelque temps pour le reprendre en main…
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Papillonnage par le Crapo.
Papillonnage par le Crapo.
Apr 27
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Twenty6, 22 ans

J’ai toujours eu l’impression d’avoir une petite bite. Enfin pas toujours : j’ai pas eu trop d’éléments de comparaison avant d’accéder au porno au tournant de ma majorité.

Mon collège-lycée n’était pas équipé de douches et j’avais donc toujours pu éviter la comparaison au vestiaire après le sport. Malgré tout, j’avais bien remarqué dans mon club de piscine que les maillots de mes petits copains étaient tous plus ou moins mieux remplis que le mien.

Arrivé en études supérieures, je me retrouve à partager 18m² avec un suédois nudiste fort bien foutu (et tout aussi bien membré). Moi qui me trouvais jusque-là trop pudique, j’ai peu à peu pris de nouvelles habitudes, si bien qu’après quelques semaines, je n’éprouvais presque plus de gêne à me changer devant lui ou à sortir de la salle de bain sans serviette.

Mes complexes de taille sont revenus après ma majorité, quand j’ai accédé plus fréquemment à du contenu porno.
Je souffrais forcément devant la comparaison! Et ayant découvert mon homosexualité, je fuyais les douches communes comme la peste pour ne pas risquer l’humiliation d’une érection (ou pour subir d’éventuels quolibets à propos de mes mensurations.)

Maintenant, je crois qu’au final, je m’en fous un peu ! Mes 14cm ont l’air de satisfaire mes partenaires et à voir les témoignages ici et là, j’ai pas l’air tout seul a avoir eu ce genre de complexes. Je triche un peu en épilant la base et c’est presque parfait. Je crois que je l’aime bien, en fait, mon pénis !
….mais pour fréquenter les douches communes, on attendra encore un peu !
Apr 26
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“Ce cliché a été pris avec un Nikon F70, il y a quinze ans, à l’époque où le numérique n’avait pas encore noyé le marché de la photographie.” Un beau photoblog.
“Ce cliché a été pris avec un Nikon F70, il y a quinze ans, à l’époque où le numérique n’avait pas encore noyé le marché de la photographie.” Un beau photoblog.
Apr 25
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Olivier et sa relation bizarre

J’ai toujours eu une relation bizarre avec mon pénis. Tantôt je l’aime, tantôt je le trouve nul et sans intérêt.

Quand j’étais petit, on ne parlait pas de pénis à la maison. On ne m’a jamais beaucoup expliqué ce que c’était ni à quoi cela servait. On n’en parlait pas, parce qu’on ne parle pas de ces choses là, parce que c’est sale.

Puis j’ai grandi et arrivé au début de l’adolescence, alors que nous allions encore dans des vestiaires communs avec l’école, les moqueries ont commencé. Les “caïds” de la classe s’amusaient à piquer les vêtements ou les serviettes, à te mettre à la porte du vestiaire tout nu, à montrer du doigt ton petit pénis…

J’ai eu mon tour bien évidemment. Si la plupart de leur “victime” ne s’en sont pas fait outre mesure, il semblerait que cela m’ait marqué plus que je ne le pensais.

J’étais persuadé que j’avais un petit pénis (qui a pourtant une taille tout à fait normale (13~15 cm en érection)) et pendant 15 ans (au moins), je me suis dénigré jour et nuit, me pensant tout à fait sans intérêt, tout ça parce que je me disais sans cesse que j’étais une petite bite (j’ai d’ailleurs horreur de ce mot).


Mes parents n’ont jamais rien vu. Ils n’ont jamais rien remarqué. Il faut dire aussi que je n’ai jamais rien dit, je n’en ai jamais parlé (jusqu’il y a peu).
Je n’aurai pas osé leur en parler à l’époque, c’est dommage, dans un sens. Avec le recul, on se dit (moi et ma maman) que si cela avait été désamorcé en temps et en heure, ça aurait probablement changé tant de choses de ma vie… mais… c’est ainsi.

N’empêche, à cause de ce fait insignifiant, à cause du fait qu’on en parlait pas, à cause de ce manque de communication, à cause de cette société dans laquelle on doit toujours être si performant, à tout point de vue, pendant des années je n’aimais pas / osais pas me mettre en maillot de bain, je n’allais pas à la piscine avec mes amis de peur de leur remarques, je n’aimais pas qu’on me voit en slip… J’ai même supporté un prépuce serré pendant des années. A 24 ans (j’en ai 28 maintenant), j’ai osé en parler avec une connaissance (même pas mes propres parents qui ne l’ont su qu’un an plus tard…) qui m’a orientée vers un urologue et j’ai fini par être circoncis, tout seul (sans que personne ne le sache).

Il y a quelques mois, j’ai osé en parler. J’ai osé dire à ma maman que j’avais toujours eu peur qu’elle me surprenne avec une érection le matin en venant me réveiller, qu’elle me surprenne avec une érection dans la salle de bain ou n’importe quand / où ailleurs, que je n’ai jamais osé lui parler de masturbation, que j’ai d’ailleurs toujours eu honte de le faire, toujours eu peur d’être surpris, toujours eu peur de ce pénis que j’avais, toujours eu peur parce que c’était pas bien/sale.

Je lui ai dit tout ça. Elle s’en est voulue d’être passée à côté de tant de choses, de ne s’être rendu compte de rien. Elle en a voulu à mon père aussi, qui ne s’est jamais occupé de ces questions-là.

Soit. C’est du passé maintenant. Aujourd’hui, je le regarde dans le miroir et je le trouve beau. Je l’aime. Après tout, c’est pas un truc à part, c’est moi, il fait parti de moi, de mon corps.

Ce n’est pas que lui que je dois aimer, mais tout mon corps. Et j’apprends. Y a bien des moments de doutes, mais j’apprends.